Un soir dans un village isolé du massif central, une brève rencontre et une série courte qui reste néanmoins l'une de mes préférées. Le titre, bien évidemment, surfe un peu maladroitement sur sa dimension provocatrice, tant j'éprouve, par ailleurs, un profond respect pour ces gens d'une dignité et d'une modestie que je qualifierais de "patrimoniale". Mais le fait est que cette série d'images nous montre le moment de la journée ou il faut ramasser les bouses qui jonchent le sol de l'étable. Et je vous prie de croire que les vêtements que je portais ce soir-là s'en souviennent encore. Au crépuscule, alors que je déambulais dans le chemin, je remarquais un chat et décidais de le suivre. Ce petit animal semblait m’inviter à l’accompagner dans son parcours habituel du soir. C’est dans l’entrebâillement d’une porte de grange que nous finissons notre course. Il me regarde avant de s’engouffrer dans l’ouverture par laquelle je devine, alors, une faible lueur. Une lumière chaude et une odeur animale s’échappent de la lucarne et m’intriguent immédiatement. Je m’approche et remarque des vaches, au chaud, rentrées du pré pour passer la nuit montagnarde qui s’annonce. J’entends des voix et décide de passer la tête par le trou. Quelques instants sont nécessaires à mes yeux pour leur permettre de s’habituer à la pénombre ambiante, seulement percée ici ou là par de vieux néons jaunâtres. C’est alors que je découvre un couple de vieux paysans en plein travail. Une activité salissante à première vue… Je me fais volontairement présent et demande au premier regard croisé si je peux prendre quelques photos. Les deux anciens me sourient et n’y voient aucune objection. Je rentre alors et commence une de mes séries photos préférées.